Papier étirable, cerclage, filets, housses réutilisables : ce que chaque alternative au banderolage plastique tient, et sur quels flux elle convient.
Quatre familles se présentent comme alternative au banderolage plastique : papier étirable, cerclage, filets et sangles, housses réutilisables. Aucune ne remplace le film sur tout un plan de transport, et la plupart des comparatifs sont écrits par un fournisseur qui vend l’une des quatre. Celui-ci ne fait pas exception, Ecklo fabrique des housses : la quatrième option est jugée avec la même grille que les trois autres, limites comprises.
Ce que le banderolage doit assurer
Le film étirable fait quatre choses en même temps, et c’est ce qui rend son remplacement moins simple qu’il n’y paraît. Ces quatre fonctions servent de grille.
Le maintien de charge d’abord. Une palette encaisse des accélérations au freinage, des efforts latéraux en virage, des reprises au chariot. La référence européenne est la norme EUMOS 40509, méthode d’essai de la rigidité d’une unité de charge, que le site de l’EUMOS présente comme reprise à l’annexe III de la directive 2014/47/UE sur le contrôle technique routier des véhicules utilitaires. L’essai est dynamique : la palette complète subit une accélération, puis on mesure sa déformation élastique et sa déformation permanente pour les comparer aux limites de la norme. Celle-ci est payante, et ses seuils ne sont pas repris ici.
La protection ensuite : poussière, projections au quai, condensation en remorque, pluie sur un quai non couvert. Puis la lisibilité, puisque étiquette palette et codes-barres doivent rester scannables sans rien ouvrir. La compatibilité machine enfin : sur un site équipé, la banderoleuse est réglée, parfois intégrée à un convoyeur, et changer de consommable peut vouloir dire changer de machine.
Une solution qui coche les quatre remplace le film sans discussion. Une qui n’en coche que deux reste utilisable, à condition de savoir lesquelles manquent.
Le papier étirable et le papier kraft
Le principe ne change pas : on enroule la charge tour après tour, avec du papier au lieu du polyéthylène.
Le papier ne s’étire presque pas. Selon un comparatif d’Usine Nouvelle, le plastique travaille à 400 % d’étirage quand « un papier, tracté, s’allonge de 2-3 % au maximum ». Le papier de banderolage de Mondi, cité par le même article, « affiche une élasticité de peu supérieure à 11 % ». Le maintien se joue donc sur le nombre de tours et sur la qualité du collage.
L’eau ensuite : le papier « ne va pas convenir pour des produits humides ou graisseux », toujours selon la même source. Stockage sous auvent, quai battu par la pluie, chambre froide, il y perd sa tenue.
La lisibilité se dégrade aussi, et c’est la limite la moins anticipée du papier. Le même article décrit ce papier comme « opaque et résistant » : ce qu’il enveloppe disparaît, étiquette palette et codes-barres compris. Le marquage doit être reporté en surface.
La machine enfin. Le banderolage papier se pratique sur des équipements dédiés ou adaptés, pas sur la banderoleuse en place : le comparatif relève des cadences de 10 à 100 palettes par heure selon la machine, et un coût « nettement plus élevé pour le papier ».
Côté déchets, le papier reste de l’usage unique, une bobine posée devenant un déchet à l’arrivée. Le gain tient à la filière de recyclage papier, Mondi présentant son papier de banderolage comme « entièrement recyclable ». Changer de matériau change aussi de barème. Dans le guide du tarif 2026 de Citeo Pro, l’un des trois éco-organismes agréés pour les emballages professionnels, le plastique paie 217,90 euros la tonne, soit environ 218 €/t, et le papier-carton 34,70 euros. Les barèmes 2027 ne sont pas encore publiés. Le grammage posé n’étant pas le même, l’écart sur une facture ne se déduit pas de ces tarifs.
Le cerclage, plastique ou papier
Le cerclage ne ferme pas la charge, il la comprime en quelques points : deux à quatre feuillards tendus solidarisent la charge au support, ou les couches entre elles.
Cette logique fonctionne quand la charge tient déjà seule. Le guide de WK Transport-Logistique réserve le polypropylène aux « charges légères à moyennes », cartons et bacs, et le polyester aux « charges plus lourdes ou plus compactes », produits denses, briques, sacs.
L’exercice se retourne sur une palette instable ou hétérogène. Un feuillard ne retient que ce qu’il touche et les couches intermédiaires restent libres de glisser. Le réglage se paie dans les deux sens, note la même source : « Tension trop faible : la charge se desserre en route, les colis glissent. Tension trop forte : les cartons s’écrasent, les produits internes se détériorent. » D’où les cornières recommandées dès que la tension menace l’emballage.
Les deux critères suivants se lisent vite. Protection : aucune, la charge reste à nu entre les feuillards. Lisibilité : bonne par construction, sous une réserve que le guide range dans ses contrôles, des « étiquettes de traçabilité bien visibles, non masquées par le feuillard ».
Côté machine, le cerclage n’entre pas en concurrence avec la banderoleuse, il arrive avec son propre équipement, sur lequel le feuillard papier se pose aussi bien : la fiche produit d’Astic Emballage annonce 55 kg de résistance linéaire et un usage recommandé sur « le cerclage des petits colis ». Le matériau change, la technique non.
Reste que le cerclage remplace rarement le film à lui seul, et le même guide le dit sans détour : « Le cerclage n’agit jamais seul. Il se combine aux opérations de film étirable. »
Les filets et les sangles réutilisables
Sous une même image de maille, deux produits très différents cohabitent.
Le filet étirable est un consommable plastique ajouré. NNZ décrit un filet « fabriqué à partir de LLDPE à 100 % », recyclable, avec « une capacité d’extension allant jusqu’à 75 % », qui « s’enroule étroitement autour du produit, le protégeant pendant le transport » et « maintient la palette droite et carrée pour une meilleure présentation sur le marché », sur des produits frais comme les carottes ou les pommes de terre. Le fournisseur ajoute qu’au retrait, il « ne laisse que peu de déchets », ce qui vaut pour le volume de matière sans rien changer à son statut : du polyéthylène parti une fois.
Les sangles et élastiques réutilisables relèvent d’une autre économie. Le Journal du vrac décrit des élastiques en caoutchouc naturel employés en agroalimentaire, en chambre froide et en logistique 3PL : « une vingtaine de cycles » pour un modèle classique posé sur des cartons, « au moins une centaine de cycles » en gaine textile. Le fournisseur cité borne lui-même le domaine d’emploi. Sa solution est « surtout préconisée pour le stockage et le convoyage interne de marchandises entre les établissements d’un même groupe ou vers les points de vente » ; ces élastiques « ne peuvent effectivement pas convenir à toutes les situations », en particulier sur des palettes expédiées via des centres logistiques externalisés.
Sur la grille, les deux produits se ressemblent. Le maintien est assuré tant que la charge tient par elle-même. La protection est nulle, une maille ne couvre rien. La lisibilité est en revanche le point fort de la famille, rien ne recouvrant l’étiquette ni les codes-barres. La machine, enfin, ne fait pas obstacle : le filet s’applique « à la machine ou à la main ».
Les housses réutilisables
Le principe rompt avec les trois précédents : la housse textile se descend sur la charge comme un fourreau, se retire au déchargement et repart. L’emballage circule au lieu d’être consommé.
Sur la grille, elle prend le maintien et la poussière ensemble, puisqu’elle enveloppe la charge sur toute sa hauteur. La lisibilité dépend du modèle et de l’emplacement prévu pour l’étiquette. La compatibilité machine ne se pose plus, la banderoleuse sortant du poste.
Chez Ecklo, une référence unique couvre des hauteurs de 0,6 à 1,8 m sur palette 800 × 1200. L’Ecklomat, dispositif d’assistance à la pose, ramène l’opération à 40 secondes, soit 40 à 60 palettes par heure, dans la fourchette des machines de banderolage papier citées plus haut. Une housse tient plus de 200 réemplois, et l’écart mesuré avec le film à cent utilisations est de 93 % sur les déchets et de 85 % sur le CO2e. Voir la page housse réutilisable pour palette ; la coiffe traite le seul haut de palette.
Les limites sont de quatre ordres. Organisationnelle : sans boucle de retour, une housse qui part et ne revient pas coûte plus cher que le film et ne produit aucune unité réemployée. Dimensionnelle : une charge débordante ou hors gabarit sort du domaine d’emploi d’une référence, là où le film s’accommode de presque tout. Matérielle : le textile n’est pas hydrophobe, il arrête la poussière et les projections latérales, pas une exposition réelle à la pluie ; sur le haut de palette, la coiffe existe en version imperméable. Financière : il faut acheter un parc avant la première rotation, puis le suivre et remplacer les unités endommagées. Un actif à gérer, pas une ligne de commande à reconduire.
Quelle option pour quel flux
Le site homogène n’existe pas : la même entreprise finit presque toujours avec deux solutions qui coexistent, chacune sur ses flux. Le tableau donne le point de départ le plus fréquent.
| Type de flux | Option qui convient | Raison |
|---|---|---|
| Boucle interne entre deux sites | Housse, ou sangles réutilisables | Le retour est maîtrisé de bout en bout |
| Livraison récurrente vers un même destinataire | Housse, si le client accepte de la rendre | La fréquence rend la boucle possible, son accord la rend réelle |
| Flux ouvert et ponctuel | Film optimisé, ou papier étirable | Rien ne revient : l’arbitrage se joue sur la matière |
| Charge rigide et homogène | Cerclage | Quelques points de tension suffisent quand la charge tient par sa géométrie |
| Charge instable ou hétérogène, dans le gabarit | Film, ou housse | Il faut une contrainte répartie sur toute la hauteur |
| Charge débordante ou hors gabarit | Film | Ni housse ni cerclage ne couvrent un format qui sort du standard |
| Exposition extérieure ou humidité | Film ; coiffe imperméable sur le haut de palette | La housse seule ne suffit pas sous la pluie, le papier perd sa tenue mouillé, cerclage et filet ne protègent de rien |
Une ligne de partage traverse ce tableau. Papier, cerclage et filet étirable sont des consommables : on les commande, on les pose. Housse et sangles réutilisables sont des actifs, qui supposent un circuit, un interlocuteur chez le destinataire et un comptage. Ils ne se choisissent qu’une fois identifiés les trajets qui se répètent.
Aucun pourcentage ici, et c’est volontaire : les seuls chiffres qui tranchent sont ceux de vos flux.
Ce que la réglementation ne dit pas
Aucun texte n’interdit le film étirable de palettisation. Ni le règlement (UE) 2025/40, dit PPWR, ni l’obligation française de réemploi ne raisonnent en matériaux proscrits, et les projets « zéro plastique » le découvrent au moment de remplir une déclaration.
Les deux textes comptent le réemploi effectif. Le décret n° 2022-507 du 8 avril 2022, pris en application de l’article 67 de la loi AGEC, porte tout producteur au-delà de 10 000 unités de produits emballés par an à 10 % d’emballages réemployés en 2027. Le PPWR vise 40 % sur les emballages de transport en 2030 ; depuis la décision déléguée (UE) 2026/429 du 25 février 2026, emballages de palettes et sangles échappent à son objectif de 100 % sur les flux internes et nationaux, mais les 40 % comptent toujours chaque section de film au dénominateur.
D’où une conséquence : trois des quatre alternatives laissent le taux où il est. Une section de papier, un feuillard papier ou un filet étirable sont des unités à usage unique, au même titre qu’une section de film, et seul un emballage qui revient et ressert produit une unité réemployée. Ce qu’elles déplacent varie : papier et feuillard papier passent sur un barème d’écocontribution plus léger, le filet étirable en polyéthylène reste sur celui du plastique.
Qui est assujetti et selon quelle montée en charge, c’est le sujet de notre article sur ce que doivent faire les metteurs en marché ; la méthode de comptage, celui du calcul du taux de réemploi d’emballages. Les leviers portant sur le film lui-même sont dans réduire le film plastique en entrepôt, la comparaison détaillée sur notre page film étirable pour palette.
Le choix d’une solution de maintien se décide au niveau du flux, pas du site : la charge, le trajet, l’accord du destinataire pour rendre l’emballage et la machine en place tranchent chacun une part de la question. Pour trancher flux par flux, réservez un appel de découverte : nous passons vos expéditions en revue et disons quelle option tient sur chacune, film compris.
Questions fréquentes
Non. Il s'allonge peu, il perd sa tenue une fois mouillé, il masque l'étiquette et il demande une banderoleuse dédiée ou adaptée. Son terrain, ce sont les charges stables manipulées en intérieur, sur des lignes équipées pour lui.
Sur une charge rigide et homogène, souvent. Sur des cartons légers ou une palette hétérogène, non : un feuillard tient des points, pas des couches, et une tension trop forte écrase le carton.
Seulement si le destinataire la rend. Sans boucle de retour organisée, une housse partie une fois reste un emballage réemployable neuf : plus cher que le film, et sans unité réemployée au compteur.
Non. Le taux compte des emballages réemployés, pas des matériaux. Passer du film au papier laisse le numérateur à zéro et le dénominateur inchangé.
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Vos flux palettes sont-ils éligibles au réemploi ?
Un appel de 30 minutes avec l'équipe Ecklo pour identifier les flux où la housse remplace le film.
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