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Réglementation

Calculer son taux de réemploi d'emballages

Formule Tr = Er / (Euu + Ern + Er), unité de compte, emballages exclus, exemple sur un flux palettes : le calcul que la déclaration ADEME attend.

Corentin Dejean 9 min de lecture

Le taux de réemploi emballage se calcule en unités, pas en tonnes, et la plupart des erreurs de déclaration viennent de là. La formule tient en une ligne, mais son dénominateur contient un piège et son périmètre une demi-douzaine de cas limites. Sur un flux de palettes, convertir le seul maintien de charge peut suffire à passer de 6,25 % à 12,5 %.

D’où vient la formule

L’obligation de calcul et de déclaration vient du décret n° 2022-507 du 8 avril 2022, pris en application de l’article 67 de la loi AGEC et codifié aux articles R. 541-350 à R. 541-354 du code de l’environnement. Tout producteur qui met sur le marché français au moins 10 000 unités de produits emballés par an doit déclarer chaque année ses quantités et sa proportion d’emballages réemployés.

Le décret pose les définitions et l’unité de mesure. Le reste de la méthode vit dans le guide de déclaration de l’ADEME, mis à jour chaque année pour la campagne. Le seuil d’assujettissement, la trajectoire par tranche de chiffre d’affaires et la distinction entre le décret 3R et le décret n° 2022-507 sont traités dans notre article décret 3R : ce que doivent faire les metteurs en marché.

La formule terme par terme

Tr = Er / (Euu + Ern + Er)

Le numérateur ne compte qu’une chose. Le dénominateur compte tout ce que vous avez mis sur le marché cette année-là, y compris le numérateur.

Er, les emballages réemployés

Un emballage réemployé est, selon l’article R. 541-350, un emballage qui fait l’objet d’au moins une deuxième utilisation pour un usage de même nature que celui pour lequel il a été conçu, le réemploi étant organisé par le producteur ou pour son compte.

Deux conditions, donc, et les deux comptent. La deuxième utilisation doit avoir eu lieu : c’est une rotation constatée, pas une aptitude théorique. Et le retour doit être organisé. Une caisse qui part chez un client sans boucle de retour ne produira aucune unité réemployée, même si elle est conçue pour durer quinze ans.

Euu, les emballages à usage unique

Tout ce qui part une fois et ne revient pas : cartons, film de palettisation, cerclages, calage, sachets. Le guide de l’ADEME les compte par élément posé, pas par référence achetée. Une section de film étirée autour d’une palette est une unité ; le rouleau dont elle provient n’en est pas une.

Ern, les emballages réemployables neufs

C’est le piège numéro un. Un emballage conçu pour être réemployé mais mis sur le marché pour la première fois n’est pas un emballage réemployé : c’est un emballage réemployable neuf, comme le rappelle le guide de l’ADEME. Il compte au dénominateur, jamais au numérateur.

Conséquence directe sur le calendrier d’un projet : l’année où vous achetez votre parc, vous dégradez votre taux. Les unités réemployées n’arrivent qu’à partir de la deuxième rotation. Un plan qui vise 10 % en 2027 doit avoir acheté son parc avant, pas pendant.

L’unité de compte

Le calcul se fait en unités d’emballage. Ni tonnes, ni mètres carrés, ni euros. L’article R. 541-350 retient chaque emballage, qu’il soit primaire, secondaire ou tertiaire, comme une unité, avec une possibilité alternative de comptage par capacité équivalente à 0,5 litre pour les liquides et 0,5 kilogramme dans les autres cas.

Compter en unités a un effet mécanique fort : un carton de 300 grammes pèse autant qu’une palette bois dans le taux. C’est ce qui rend le calcul contre-intuitif pour les équipes habituées à raisonner en tonnages REP.

Unité de vente et équivalent unité de vente

Deux métriques cohabitent et se confondent facilement. L’unité de produit emballé sert à savoir si vous êtes assujetti, c’est le seuil des 10 000 par an. L’unité d’emballage sert à calculer le taux, et c’est celle de l’article R. 541-350, IV.

L’unité de vente relève de la première. Le guide de l’ADEME la définit comme le volume de produit contenu dans une référence qui fait l’objet d’une transaction entre deux acteurs, et l’illustre ainsi : un flacon de shampoing vaut une unité, un pack de douze yaourts en vaut douze. Quand le produit se vend au volume ou au poids, on passe à l’équivalent unité de vente : un mètre cube de blocs de pierre vendu sur palette vaut une unité.

Les emballages de regroupement et de transport, eux, se comptent par élément distinct, chaque élément emportant ses accessoires. Une palette portant trois cerclages et une section de film donne cinq unités. Le bouchon d’un bidon, lui, ne fait pas une unité de plus : il compte avec le bidon. Même chose pour les étiquettes et l’adhésif de fermeture, qui ne se comptent jamais à part.

Les cas limites

Un emballage réemployable utilisé une fois

Il reste au dénominateur en Ern jusqu’à sa deuxième utilisation. S’il est perdu, volé ou mis au rebut avant, il n’aura jamais produit d’unité réemployée. Le taux de retour d’une boucle n’est donc pas un indicateur logistique de confort : il conditionne directement le numérateur.

Les produits exportés

L’article R. 541-350 ne cite pas l’export : son III n’écarte que les emballages dont le réemploi est interdit. L’exclusion vient du guide de l’ADEME, qui l’écrit en toutes lettres : « Les emballages des produits exportés (qui ne sont donc pas mis sur le marché en France) sont exclus de cette déclaration. » Elle est cohérente avec la loi que le décret applique, puisque l’article L. 541-1 du code de l’environnement fixe l’objectif en « emballages réemployés mis en marché en France ». Un site qui expédie la moitié de sa production hors de France ne déclare donc que l’autre moitié, des deux côtés de la fraction.

Les emballages dont le réemploi est interdit

L’article R. 541-350, III, écarte les emballages dont le réemploi est interdit en raison d’impératifs d’hygiène ou de sécurité du consommateur, et les « emballages de produits dont la mise sur le marché requiert une autorisation qui proscrit leur réemploi ». C’est une exclusion étroite : elle suppose une règle qui interdit, pas une politique qualité interne qui préfère.

Les emballages reçus d’un fournisseur

Ils n’entrent pas dans votre calcul. Est producteur, au sens du guide de l’ADEME, le professionnel qui emballe ou fait emballer ses produits pour les mettre sur le marché français, l’importateur, ou à défaut le responsable de la première mise sur le marché. Vous déclarez ce que vous mettez sur le marché, pas ce que vous recevez.

Le cas fréquent est celui du chargeur qui fait palettiser par un prestataire logistique. Le fait que le 3PL achète les palettes, le film et les cartons et les pose lui-même ne le rend pas producteur : le chargeur fait emballer ses produits en vue de leur mise sur le marché, donc il déclare. En pratique, cela veut dire récupérer les consommations d’emballage auprès du prestataire, ligne par ligne, avant la campagne.

L’année de référence et les rotations à cheval

La déclaration porte sur une année civile : la campagne 2026 déclare les mises sur le marché de 2025. Une housse achetée en novembre et utilisée pour la première fois en décembre compte en Ern sur l’exercice ; ses rotations de janvier compteront en Er sur l’exercice suivant.

Exemple sur un flux palettes

Posons une composition d’expédition, à titre d’hypothèse et non de moyenne de marché : quatorze cartons à usage unique, une palette, un maintien de charge, soit seize unités d’emballage par palette expédiée.

Supposons ensuite un flux de 20 000 palettes par an sur cette composition, soit 320 000 unités d’emballage mises sur le marché. Là encore, c’est un volume de travail, choisi pour rendre le calcul lisible. Trois scénarios, à volume et à composition constants.

Scénario Er Euu + Ern Total Taux
Tout usage unique (film, palette perdue) 0 320 000 320 000 0 %
Palette réemployée seule 20 000 300 000 320 000 6,25 %
Palette et housse réemployées 40 000 280 000 320 000 12,5 %

Deux lectures. D’abord, les cartons plafonnent le résultat : 280 000 unités sur 320 000, soit 87,5 % du dénominateur, ne bougeront qu’en refondant le conditionnement produit. Ensuite, convertir le seul maintien de charge fait passer ce flux de 6,25 % à 12,5 %, c’est-à-dire de sous la barre de 2027 à au-dessus, sans toucher au produit.

Une précision de calendrier

Les taux du tableau sont ceux d'un régime établi, une fois le parc en rotation. L'année d'achat, les palettes et les housses neuves comptent en Ern : le taux de cette année-là reste à 0 %, avec un dénominateur inchangé. Le gain apparaît à partir de la première rotation.

Déclarer et faire bouger le taux

La déclaration se fait auprès de l’Observatoire du réemploi et de la réutilisation de l’ADEME, par entité juridique. La campagne 2026, portant sur les données 2025, était ouverte du 19 janvier au 29 mai 2026 selon le guide de l’ADEME, date que reprend le guide Valdelia.

Une fois le chiffre posé, reste à choisir les unités à aller chercher. Dans l’exemple ci-dessus, le maintien de charge rapporte 6,25 points à lui seul, parce qu’il revient à chaque expédition sans toucher au produit. La housse réutilisable Ecklo remplace le film étirable sur une palette 800 × 1200, se pose en 40 secondes avec l’Ecklomat et supporte plus de 200 réemplois. Dans la formule, chaque rotation ajoute une unité à Er et en retire une à Euu.

Attention toutefois à ne pas transposer ce calcul au niveau européen. Le PPWR raisonne par catégorie d’emballage et non sur un taux global tous emballages confondus, avec 40 % d’emballages de transport réutilisables relevant d’un système de réemploi en 2030 : c’est une autre base de calcul, détaillée dans notre article PPWR 2030 : le réemploi, ce qui change.

Un calculateur de taux de réemploi est à venir sur ce site. En attendant, si votre prochaine déclaration vous laisse un écart à combler et que vous voulez savoir combien d’unités le poste maintien de charge peut en absorber, réservez un appel de découverte : nous refaisons le calcul sur vos volumes réels.

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Questions fréquentes

En unités d'emballage, pas en tonnes ni en euros. Le code de l'environnement retient chaque emballage primaire, secondaire ou tertiaire comme une unité.

Non. Tant qu'il n'a pas connu une deuxième utilisation, c'est un emballage réemployable neuf : il pèse au dénominateur et rapporte zéro au numérateur.

Non, sauf si vous les remettez sur le marché sous votre responsabilité. Le calcul porte sur ce que vous mettez sur le marché français, pas sur ce que vous recevez.

Oui, comme emballage de transport à usage unique, compté par section posée sur une palette et non par rouleau acheté.

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Vos flux palettes sont-ils éligibles au réemploi ?

Un appel de 30 minutes avec l'équipe Ecklo pour identifier les flux où la housse remplace le film.

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